26.02.2006

Petite pensée...

Petite pensée à celui que j’ai côtoyé cette semaine….

 

Il faut passer par là pour comprendre les misères, les douleurs et les chagrins de tous ceux qui nous entourent.

Il faut aussi adresser à tout ce personnel soignant et médical l’admiration infinie pour le temps qu’ils prennent, pour les mots doux qui nous relaxent et qui nous font espérer des jours meilleurs.

 

J’ai côtoyé un voisin de chambre pendant cette semaine d’hospitalisation que je ne pourrai jamais oublier.

Je l’appellerai « Monsieur le Professeur », car il avait l’allure d’un enseignant avec ses grandes lunettes noires qu’il voulait garder , même quand il faisait ses exercices de respiration ; il avait un grand front plissés par les toux incessantes et qui laissait des cheveux grisonnant sur les tempes comme un scientifique d’Université. J’admirais sa volonté à toujours respecter les règles éthiques lorsqu’on passait à table, ou lorsqu’il voulait cacher ce qu’il expectorait : il gardait un mouchoir devant la bouche pour ne pas montrer qu’il bavait sur son peignoir. Il n’arrêtait pas d’essayer d’enlever les tâches par la nourriture tombée avec sa main tremblante et sa toux grasse.

 

Il ne pouvait plus respirer normalement et son râle était permanent, jour et nuit. Les premiers jours, il était autonome pour la toilette et il était propre. Sa famille venait fréquemment le visiter et sa petite femme le couvrait de baisers pendant toute la visite. Elle était pleine d’attention et lui posait des questions pour sa journée.

 

Il faut avouer, qu’il avait tellement des difficultés à respirer, qu’il ne pouvait faire que très peu d’effort pour émettre une parole. Sa femme, seule pouvait à peine le comprendre ; ni les soignantes, ni les médecins , à leur passage ne pouvait réellement communiquer. Puis vint, le premier jour des examens, une endoscopie et il est revenu tout affaibli et amorphe. Lorsque sa femme est arrivée pour la visite, il s’est mis à pleurer comme un enfant qui voulait se plaindre du mauvais traitement qu’il avait subi. Les autres jours se sont mieux passés avec d’autres examens : gastro et échographie.

 

Je le voyais avec un plus beau visage et un peu plus de couleurs. Je lui demandais s’il allait mieux et il me répondait silencieux avec un visage dépité. Il m’étonnait à chaque repas quand il n’avait pas le temps de terminer son dessert ; il le laissait de côté et le reprenait l’après-midi.

 

Il a quitté l’hôpital avant moi ; il s’était habillé avec l’aide de sa petite femme toujours au petit soin pour lui. Avant de quitter, sa femme et sa fille ont été appelées par le médecin pour remettre le dossier. Il est venu me tendre la main en me souhaitant un bon rétablissement. On l’a placé sur une chaise roulante ; sa femme est venue me dire au revoir en me souhaitant une bonne continuation .

Ensuite, à demi mots et le visage tendu par la tristesse, elle me dit :

 

« Il n’a plus que trois à quatre jours, à la maison ». J’aurai besoin de courage.

 

10:47 Écrit par soloamor | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

... La vie n'est pas un long fleuve tranquille et c'est parfois ds ces moments là qu'on s'en rencontre ... et qu'on voit après la vie différemment alors ... vivons là intensément parce que parfois aussi on ne sait pas de quoi demain sera fait ...
Bon rétablissement à toi ...
Doux bisous et bon dimanche !

Écrit par : POussière d'Ange ... | 26.02.2006

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